Les Lataniers: premier bilan

Le récif corralien des Lataniers à La Possession va probablement disparaitre, englouti par le chantier pharanoique de la NRL et ses 20 millions de tonnes de roches et de remblais nécessaires à la construction d'une digue en pied de falaise.

L'état des Lieux - début 2015

Voir toutes les photos de la première plongée.

Première plongée sur le récif des Lataniers, situé à quelques dizaines de mètres du chantier de l'échangeur routier de la Possession. 

Un carnage annoncé, le site est probablement voué à disparaitre, englouti petit à petit, au gré du déversement des millions de tonnes de roches pour la construction de la digue NRL. En cause, les matières terreuses accrochées aux roches déversées en mer, diluées au contact de l'eau et devenant Matières en Suspension (MES), dérivant au grès des courants, et enfin se déposant le long de la cote. Le récif des Lataniers, situé sur leur trajectoire va donc, progressivement mais irrémédiablement, disparaitre. 

Pourtant, depuis des années le site fait l'objet d'un combat intense de la part de la communauté scientifique et des associations de protection de l'environnement. Il a été classé comme site à protéger de manière prioritaire sur le littoral ouest au regard de sa diversité et de son potentiel de développement.

De l'avis des plongeurs qui fréquentent le site, on y trouve "des spécimens de coraux énormes comme on en voit peu ailleurs à la Réunion". 
Mais le « banc des Lataniers » un « bébé lagon » ou plutôt un « embryon de lagon » qui pourrait probablement ne jamais voir le jour.

Retour sur site, après les épisodes de houle CHEDZA et BANSI - Février 2015

Voir toutes les photos de la deuxième plongée.

Depuis la dernière fois (un mois auparavant), peu de choses ont changées en apparence, le chantier a peu évolué. Des tonnes de roches ont continué à être déversées sur le site, en grande partie pour "réparer" les dommages causés par le passage au large des côtes réunionnaises de 2 tempêtes tropicales, BANSI et CHEDZA.

Mais sous l'eau, par rapport à la première plongée, les plongeurs nous rapportent un début de perturbation du milieu...

Ils ont ainsi pu identifier quelques coraux mous sur lesquels ils pouvaient voir un fin dépot sédimentaire. Effet du chantier ou simple impact des houles et des courants?
Ils ont aussi découvert une belle patate de corail d'un mètre de diamètre littérallement arrachée et retournée au niveau des tétrapodes. Probablement un engin venu renforcer la digue suite aux tempêtes et qui a pris la patate pour un enrochement.

Sur les photos, l'effet direct des fortes houles sur les aménagements provisoires (digue en tétrapodes) est en revanche très visible. 
Des blocs de béton et des trétrapodes ont été déplacés de plusieurs mètres par les courants et se balladent au milieu des patates de corail jusqu'à environ 5-6m de leur emplacement de départ!
Autant dire que ces blocs sont de véritables rouleaux-compresseurs qui pourraient endommager plus fortement le récif lors de prochaines houles. Dans tous les cas on ne voit pas comment on pourrait "récupérer" ces blocs depuis la surface et s'assurer qu'ils ne se déplacent plus au gré des courants.

Point principal de notre sortie en mer, l'inspection des rideaux de baches sous-marines censées protéger le récif des Lataniers contre les Matières en Suspension (MES) que nous évoquions lors de la première plongée. Les baches sont pour la plupart décrochées de leur arrimage et reposent sur le fond sabloneux aux abords du récif, par 10m environ. 
Les baches censées constituer un ouvrage de "protection", pourraient se transformer en ouvrage de "destruction" si, abandonnées à leur sort comme actuellement, elles étaient poussées par les courants et par la houle vers le récif des Lataniers situé à moins de 30m. 
De plus, la communauté scientifique qui avait déjà alerté que ce système serait inopérant et potentiellement dangereux, rappelait aussi que les mesures de réduction ont un coût, et que vouloir à tout prix mettre en oeuvre des ouvrages de protection ineffectifs revient à jeter directement des dizaines de milliers d'euros à la mer.

Mais cela permet à la Région d'affirmer que tout a été mis en oeuvre pour assurer l'excellence environnementale du projet et de ses mesures compensatoires (80millions d'euros)! 

Conclusion

Face à une communication très intelligente de la région on peut croire qu'il est aujourd'hui trop tard pour revenir en arrière. Pourtant, le chantier est à peine démarré. En effet, qui peut dire aujourd'hui que les sites de la Possession et de la Grande Chaloupe ont fondamentalment changés? Ou sont les aménagements à part des plateformes en enrochements qui accueillent d'énormes grues et des engins au repos la plupart du temps?

Mais aujourd'hui, nous ne souhaitons pas un retour en arrière, mais une réorientation du projet vers une solution routière durable, organisée autour d'un véritable transport en commun, privilégiant la solution tunnel pour rétablir un lien sécurisé entre le chef lieu de l'Ile et la Possession.

Pour cela nous poursuivrons notre action en justice (15 recours dont 7 recours de notre association), et notre dénonciation des travers du chantier actuel tant que cela sera nécessaire.

ATR-Fnaut.
Mars 2015



APPEL A SOUTIEN!

Pour nous soutenir dans notre opposition ferme à ce projet de NRL, rejoignez-nous sur notre page facebook ATR, ou adhérez à notre association, ou faites un don si vous souhaitez partciper au fianncement de ce genre d'actions! Notre équipe, uniquement composée de bénévoles, a besoin de ces fonds pour continuer à sensibiliser l'opinion publique et programmer des manifestations de plus grande ampleur.  

Toute contribution de votre part (même un simple partage d'article), nous permettra d'appuyer notre demande de suspension des travaux de cette route pharaonique.


 

Visualiser toutes les photos: Album photos Lataniers Sessions 1 & 2 

 

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