Avis ATR Enquête publique Bois Blanc

AVIS ATR-FNAUT Enquête publique Bois Blanc

L'association ATR a contribué à l'enquête publique qui s'est déroulée pendant 1 mois pour l'ouverture d'une carrière sur le site de Bois Blanc.
Elle a exprimé son avis sur le projet de carrière en rappelant non seulement les négligences importantes de l'étude d'impact soumise à l'enquête mais surtout, en rappellant que ce projet e carrière a pour seul objectif de fournir en roches massives le projet de NRL dont la variante actuelle représente un gouffre financier, une catastrophe environnementale et un entêtement à soutenir une politique du tout-automobile.
ATR présente donc en détails les raisons de son opposition au projet de carrière de Bois Blanc, sur la base du recours que l'association a portée en justice contre le SDC.

PROJET DE CARRIERE DE BOIS BLANC - ENQUETE PUBLIQUE

Contribution de l’association Alternative Transport Réunion (ATR-Fnaut)
Membre de la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports
27, rue Henri-Wallon 97420 Le Port – 0692 27 53 29 – atr.fnaut974@gmail.com

Notre association, Alternative Transport Réunion (ATR-Fnaut), s’est donné pour objectif de « favoriser un aménagement équilibré du territoire et un développement durable, protéger l’environnement local et global, améliorer le cadre de vie et le paysage urbain, suburbain et naturel, réduire les gaspillages économiques liés aux déplacement à la Réunion. »

Pour tous ces motifs nous demandons l’abandon de ce projet qui compromet sérieusement :

  1. la santé et le cadre de vie des riverains et des usagers de la voie publique,
  2. l’environnement naturel tant terrestre agricole que marin côtier,
  3. le paysage essentiel au cadre de vie collectif des riverains et des usagers de la route, comme le potentiel économique touristique de la côte Ouest de la Réunion,
  4. les ressources en matériaux des générations futures alors que la NRL devait se satisfaire du schéma départemental des carrières de 2010.

1– Menaces sur la santé et le cadre de vie collectif des riverains et usagers de la route

Les procédés d’extraction des roches massives envoient en grande quantité des poussières et particules fines dans l’atmosphère.
La production massive de poussières constitue à elle seule déjà par sa persistance quotidienne pendant 6 ans, non seulement un inconfort insupportable mais aussi surtout in fine une cause de dépression pour ceux qui la subissent.
Celle tout aussi volatile de particules fines de silice et de cristaux de verre du basalte à olivine est génératrice d’allergie, de maladie des yeux, des voies respiratoire et pulmonaire, pire de cancer.
Les riverains mais aussi les usagers réguliers et nombreux de la route seront affectés ! Les surcoûts des soins consécutifs pour la sécurité sociale, pour les mutuelles et les malades sont largement ignorés dans l’étude d’impact.
Enfin, la perte d’attractivité de l’immobilier des sites Ouest les plus affectés est patente avec la dégradation du cadre de vie ! La perte de leur valeur immobilière est encore ignorée.

2– Atteintes à l’environnement naturel agricole et marin

L’ouverture à ciel ouvert de la carrière appauvrit inévitablement le sol et modifie le régime hydrogéologique (oxydation de surface, évaporation et rabaissement de la nappe aquifère).

La terre arable de surface et son humus même stockés à l’écart, et même légèrement compactés et engazonnés, suivant l’Étude d’Impact, deviennent - sur une hauteur de stock de 2 à 3 m et sur la durée d’exploitation - trop sensibles à l’érosion pluviale et éolienne. Le décompactage général du site dû à cette exploitation intensive, ainsi que le transport de matériaux et les poussières soulevées, génèreront inévitablement surtout en été des coulées boueuses jusqu’au littoral, hâtant ainsi encore l’érosion générale de l’île.

Les dizaines d’hectare de terre agricole (51 ha) ne pourront plus être reconstituées lors de la remise en état des lieux promise en fin d’exploitation. Comment justifier un tel saccage irréparable des terres agricole déjà si rares et fragiles dans l’île ? L’épierrement des sols devrait au contraire servir aux soutènements de gradins pour lutter contre l’érosion !

Enfin faune et flore du milieu marin seront étouffés par manque de lumière et par anoxie provoqués par la contamination des eaux due aux MES (Matières En Suspension d’origine organique et minérale).

Les courants marins et les vents remontant du sud étaleront cette pollution sur le littoral balnéaire et touristique de l’Ouest, détruisant encore un peu plus la barrière corallienne et son biotope. Quel sera encore le coût (études…) de sa remise en état pour la collectivité ?

3– Mise en danger du paysage, essentiel au cadre de vie des riverains et usagers de la route, et du potentiel touristique de la côte Ouest

Dans ce vaste espace encore naturel des basses pentes de l’île, la route des Tamarins traversera une cinquantaine d’hectare d’un paysage « ruiné » par les explosifs et la violence des engins d’extraction. Les usagers de la route verront se succéder sur plusieurs centaines de mètres un paysage minéral mort et déstructuré en profondeur par des plaies béantes de roches fracturées. Le balai des nombreux poids lourds laissera des boues sur leurs sillages quand il ne s’agira pas des galets perdus. Et cela malgré les efforts de bâchage des bennes et de lavage des pneus en sortie. Tout ce trafic intensif de camions de 36 à 44 tonnes, ralenti à pleine charge, sera particulièrement accidentogène sur une voie rapide elle-même déjà très empruntée … Et cela pendant 5 ans !

Ce paysage de destruction sera permanent pour les véhicules de transit mais également visible depuis la route touristique sur le littoral. L’impact économique de cet arrière-plan (et l’impact sanitaire des poussières véhiculées par le vent vers les sites touristiques littoraux) sur l’activité touristique est totalement ignoré. Déjà bien malmené par l’austérité mondiale qui réoriente vers des vacances de proximité et par la « crise requin », notre secteur touristique pourrait subir là son coup de grâce. Encore un coût externalisé laissé à la collectivité.

D’autre part, qui peut garantir que la protection de la route des baleines par l’UNESCO ne serait pas compromise par cette pollution que les courants marins pousseraient plus au large ?

4– Surexploitation des ressources au détriment du marché des matériaux et des générations futures

Ce projet de carrière à Bois Blanc (Ravine du Trou) St Leu est destiné exclusivement à approvisionner le chantier régional de la NRL par arrêté préfectoral 2014-4273/SG/DRCTCV du 26 août 2014 portant approbation de la mise à jour du Schéma Départemental des Carrières (SDC) de la Réunion.

L’arrêté de 2014 y incorpore quatre nouveaux sites exclusivement dédiés à la NRL :

  • Ravine du Trou (St Leu)                           8 Mm3 (Millions de mètres cubes)
  • Bellevue (St paul)                                      4 Mm3
  • Dioré        (St André)                                                    4 Mm3
  • Plateau de l’Ermitage            (St Paul)                   8 Mm3

Or la NRL avait été déclarée d’utilité publique par l’arrêté préfectoral de mars 2012 après une enquête publique qui la présentait sans souci d’approvisionnement en matériaux insulaires à hauteur de 10 Mm3 pour remblais et roches massives. Dans son rapport, la Région rassurait alors tant le public que l’Etat sur leur disponibilité par l’extraction des carrières figurant au S.D.C. approuvé précédemment en 2010.

L’arrêté préfectoral de 2014 étend le S.D.C de la Réunion à quatre nouveaux sites, tout en rappelant d’ailleurs que celui de 2010 suffit à satisfaire ses besoins de 10 Mm3 !

Aussi l’extraction de Bois-Blanc, parmi les quatre nouvelles carrières offrant 24 Mm3 supplémentaires pour la NRL, parait superfétatoire et révélateur d’un gaspillage de nos ressources. A moins que l’arrêté de DUP de 2012 n’ait été pris sur une information erronée présentée au public lors de l’enquête de 2011… Or, la nécessité d’une gestion rigoureuse des ressources de l’île, rappelée au S.D.C et au Schéma d’Aménagement Régional (S.A.R.) pour préserver l’avenir agricole comme celui du B.T.P, ne permet pas leur surexploitation !

Quelles incidences sur les prochains  marchés des matériaux et quels coûts pour les générations futures ?

Pour ces motifs, notamment, notre association a déjà demandé au Tribunal administratif d’annuler ces deux arrêtés préfectoraux, de D.U.P. et d’extension du S.D.C.

Dans la continuité de nos précédents recours, et pour tous les motifs invoqués ci-avant, nous considérons que la carrière de Bois Blanc ne doit pas être ouverte au vu du bilan comparatif de ses avantages et inconvénients.

Notre association remercie Monsieur le commissaire enquêteur de bien vouloir se faire l’écho de notre argumentaire auprès de monsieur le Préfet de La Réunion.

ATR-Fnaut

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