protection des ravines

Toujours plus de risques et de nuisances

ENQUETE PUBLIQUE

Station de transit des matériaux – GTOI

 

Avis du

Collectif pour la Protection de la Grande et de la Petite Ravines des Lataniers

 

 

GTOI prétend  que c’est « pour permettre la réalisation du présent projet de station de transit de matériaux minéraux » que  le Conseil Municipal du Port, par délibération du 4 août 2015, a décidé de modifier l'article 2 du règlement de la zone 2AU du PLU comme suit (Chap.10.1 - page 21-22):

«  Sont admis et soumis à conditions particulières :

 Dans la zone 2AU située à l’arrière du Port Est :

Les installations temporaires et exceptionnelles liées au chantier de réalisation de la Nouvelle Route du Littoral (…) sous réserve des conditions cumulatives suivantes :

(…)

  •           qu’il n’en résulte pour le voisinage et l’environnement aucune aggravation des risques, aucune pollution et aucune autre nuisance, liées tant à la construction, au fonctionnement des installations qu’à l’acheminement des matériaux nécessaires à leur exploitation (maintien de la qualité de l’air, protection de ; la ressource en eau, préservation des équilibres hydrauliques, etc.)

(…) »

 

Selon la GTOI, le projet « apparaît en conformité avec le PLU du Port, au regard des éléments apportés dans le chapitre 10.1 en page 21. » (retranscrits ci-dessus)

 

Or, contrairement à ce qui est affirmé, la modification du PLU ne peut pas permettre la réalisation du projet  de station de transit. Ce projet est clairement non conforme à la condition ci-dessus énoncée qui exige « aucune aggravation des risques, aucune pollution et aucune autre nuisance ».

 

Le Maire du Port lui-même, lors de ses vœux en ce mois de janvier 2016, s’est interrogé sur les impacts cumulés de tous ces chantiers sur une commune déjà saturée par la pollution industrielle. Il prévoit ainsi de financer une grande étude d’impact des pollutions (eau, sol, air) sur sa commune, alors pourtant que ce serait aux exploitants de fournir ces études d’impact pour une complète information de la population.

 

Une station de transit des matériaux pour le chantier de la NRL entraînera obligatoirement une aggravation des risques et des nuisances dans divers domaines :

 

- ACCIDENTS DE LA ROUTE :

L’augmentation de la circulation routière, avec le passage supplémentaire de 150 camions aller et 150 camions retour, soit environ 2 camions toutes les 5 minutes, aggravera forcément les risques d’accidents de la route sur les voies empruntées.

 

- POLLUTION DE L’AIR :

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) la pollution de l'air est le principal risque environnemental pour la santé, à l'origine chaque année de 7 millions de décès prématurés.

En 2013, le Centre International de Recherche sur le cancer, instance spécialisée de l'OMS, a classé la pollution atmosphérique et les particules de l'air extérieur comme cancérigènes pour l'homme.

 

Certaines populations, telles que les jeunes enfants, les personnes âgées, les personnes souffrant de pathologies chroniques, sont particulièrement fragiles vis-à-vis de cette pollution.

Les gaz d’échappement de ces 300 camions supplémentaires quotidiens (peut-être plus lors de travaux exceptionnels de nuit) aggraveront la pollution atmosphérique sur des kilomètres alentours.

Or les villes du Port et de la Possession aux premières loges, sont déjà asphyxiées  par les fumées industrielles, l’usine de fabrication des éléments béton de la NRL, l’usine électrique EDF, le dépôt de charbon à ciel ouvert, le déchargement des andains provenant de toute l’île, déchargement du clinker (ciment) etc.

 

Les polluants atmosphériques tendent à accentuer l'irritation des muqueuses nasales ou oculaires et à abaisser le seuil de réactivité allergique. Pire, l'exposition à la pollution de l'air liée à la circulation au cours de la première année de vie augmente le risque d'allergie chez le petit enfant!

Faut-il rappeler que les épisodes de pollution aux particules sont directement liés à la production industrielle et aux transports et qu’en avril 2015 la Commission Européenne a déjà menacé la France de poursuites si elle ne prenait pas de mesures ambitieuses, rapides et efficaces pour limiter l'exposition de la pollution aux particules fines?

 

Faut-il rappeler également que selon l'Observatoire Régional de la Santé de la Réunion, le taux de décès annuels par asthme à la Réunion est quatre fois plus élevé qu'en métropole ? Que le taux d'hospitalisation pour asthme deux fois plus élevé que le taux national?

 

Faut-il rappeler enfin que certaines études ont même démontré que ces particules peuvent nuire au développement intellectuel de l'enfant et que chez l'adulte elles peuvent entraîner une baisse des capacités intellectuelles et donc favoriser l'apparition de la maladie d'Alzheimer?

 

300 camions par jour en plus, dans une zone déjà asphyxiée, ce n’est pas rien ! C’est un facteur clairement aggravant!

 

Dans le tableau de conformité (page 33), l’article 40 de l'arrêté du 10 décembre 2013 relatif aux prescriptions générales applicables aux stations de transit, exige de justifier les points de mesure de la qualité de l'air ou des retombées des poussières. Or la GTOI  ne justifie que vis-à-vis des poussières et non pas de la qualité de l'air avec les rejets des engins. Le dossier est donc incomplet!

 

- BRUIT :

Selon l’OMS,  le bruit est le second facteur environnemental, après la pollution atmosphérique, en termes de dommages sanitaires en Europe (effet sur l'audition, troubles du sommeil, hypertension, infarctus du myocarde, troubles psychologiques).

En 1999, un groupe d'experts de l'OMS a considéré que le bruit était susceptible de provoquer des effets cardio-vasculaires permanents tels que l'hypertension et l'ischémie cardiaque chez les individus sensibles exposés de façon prolongée à des niveaux élevés de nuisances sonores. Depuis les travaux menés sur ce sujet confirment ces affirmations.

 

Des résultats d'une étude de 2011 ont démontré qu'une élévation du niveau sonore du trafic routier de 10 dB augmente le risque d'attaque cardiaque de 14 %. Par ailleurs pour les personnes de plus de 64 ans exposées au bruit des transports le risque d'attaque est supérieur de 27 % par rapport aux personnes de moins de 64 ans.

 

Or l’activité de cette station de transit (chargement/déchargement, aller et retour de 300 camions par jour) augmentera le niveau sonore de plus de 10 dB.

Il est trompeur de la part de l’exploitant d’indiquer que « Le projet est situé au droit d’une zone industrielle et au sein d’une exploitation de carrière, dont les activités produisent actuellement des nuisances acoustiques supérieures au projet de plateforme de station de transit. On rappellera en outre la proximité de la RN 1. »

En effet, le bruit de la nouvelle station de transit ne va pas « se fondre » dans celui des activités actuelles, mais viendra s’y ajouter, augmentant ainsi le niveau sonore ambiant et aggravant ainsi les nuisances liées à l’exposition au bruit.

Aggravation d’autant plus importante lors d’une éventuelle exploitation de nuit.

 

CONCLUSION

En conséquence de ce qui précède, le dossier est incomplet quant à l'étude d'impact et il est avéré que l’exploitation d’une station de transit de matériaux par la GTOI sur le lieu-dit « Plaine des Galets » sur la Commune du Port entraînera une aggravation des risques, de la pollution et autres nuisances. 

Le projet ici présenté par la GTOI ne peut donc être retenu car il n’est pas conforme à l'article 2 du règlement de la zone 2AU du PLU tel que modifié par le Conseil Municipal du Port, par délibération du 4 août 2015.

 

Stéphanie GIGAN

Présidente du Collectif pour la Protection de la Grande et de la Petite Ravines des Lataniers

Association Loi 1901

 

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